{"id":2001,"date":"2020-02-13T00:12:40","date_gmt":"2020-02-13T00:12:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/?page_id=2001"},"modified":"2025-02-27T17:06:08","modified_gmt":"2025-02-27T17:06:08","slug":"presse","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/?page_id=2001","title":{"rendered":"Presse"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row][vc_column]<div class=\"gt-heading gt-dark gt-size1 gt-center\"><div class=\"gt-title\">Communiqu\u00e9 <span>de presse<\/span><\/div><div class=\"gt-separate\"><i class=\"fas fa-cubes\" aria-hidden=\"true\"><\/i><\/div><\/div>[vc_column_text]Cher Moussa Konat\u00e9,<\/p>\n<p>Les mots sont des graines que l\u2019on s\u00e8me dans l\u2019oubli. Certains<br \/>\ngerment, d\u2019autres meurent dans le silence. Aujourd\u2019hui, je vous<br \/>\n\u00e9cris avec l\u2019espoir que mes mots trouvent une voix dans votre plume.<\/p>\n<p>J\u2019aimerais que vous \u00e9criviez Les Graines de Sablier, un livre o\u00f9 le<br \/>\ntemps ne s\u2019\u00e9coule pas, il s\u2019effrite. Un r\u00e9cit o\u00f9 chaque grain de<br \/>\nsable porte une pens\u00e9e lourde, une angoisse qui chute lentement dans le<br \/>\ngouffre du n\u00e9ant. L\u2019histoire d\u2019une \u00e2me rong\u00e9e par l\u2019usure,<br \/>\nd\u2019un \u00eatre pi\u00e9g\u00e9 dans un monde o\u00f9 l\u2019on \u00e9coute sans entendre, o\u00f9<br \/>\nl\u2019on regarde sans voir.<\/p>\n<p>Le personnage principal s\u2019appellerait Aly, un homme dont le sourire<br \/>\nmasque l\u2019ab\u00eeme, dont le rire trahit la douleur. Chaque jour, il joue<br \/>\nson r\u00f4le, il parle, il plaisante, il vit. Mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, tout<br \/>\ns\u2019effondre. Il marche parmi les autres comme un fant\u00f4me dans la<br \/>\nfoule, cherchant un regard qui lirait au-del\u00e0 des apparences.<\/p>\n<p>L\u2019histoire se d\u00e9roulerait dans une ville o\u00f9 les \u00e2mes errent plus<br \/>\nque les corps, un lieu sans nom, sans attaches. L\u00e0 o\u00f9 les rues sont<br \/>\ndes labyrinthes de solitude, o\u00f9 les conversations sont des monologues<br \/>\nd\u00e9guis\u00e9s. Un monde o\u00f9 l\u2019on survit par habitude, o\u00f9 la fatigue<br \/>\nn\u2019est pas physique mais existentielle.<\/p>\n<p>\u00c0 travers Aly, vous raconteriez la d\u00e9tresse invisible, celle qui ne<br \/>\nlaisse pas de cicatrices visibles mais d\u00e9vore de l\u2019int\u00e9rieur. Vous<br \/>\n\u00e9cririez sur la pression de sourire quand tout s\u2019effondre, sur ces<br \/>\npens\u00e9es qui s\u2019encha\u00eenent comme des vagues qui cognent une falaise<br \/>\nsans jamais la briser. Vous diriez l\u2019angoisse de ceux qui portent des<br \/>\ntemp\u00eates sous la peau et qui n\u2019osent en parler, de peur d\u2019\u00eatre<br \/>\nincompris, de peur d\u2019\u00eatre un poids.<\/p>\n<p>Votre livre serait une voix pour ceux qu\u2019on n\u2019\u00e9coute pas, il<br \/>\nlancerait un cri dans le d\u00e9sert du silence. Il ne chercherait pas de<br \/>\nsolutions toutes faites, il ne promettrait pas de lendemains meilleurs,<br \/>\nmais il dirait au moins \u201cje vois, je comprends\u201d.<\/p>\n<p>\u00c9crivez-le, Moussa, parce que trop de graines tombent sans jamais<br \/>\n\u00e9clore, parce que parfois, un seul mot peut emp\u00eacher une \u00e2me de<br \/>\nsombrer.<\/p>\n<p>Avec toute mon admiration,<\/p>\n<p>Harouna Guindo alias Naroush<\/p>\n<p>Le jury du concours \u00ab Lettre aux auteurs \u00bb a s\u00e9lectionn\u00e9 comme laur\u00e9at : HAROUNA GUINDO. Le jury y reconna\u00eet l\u2019\u00e9mergence d\u2019une r\u00e9elle plume d\u2019auteur et souhaite souligner l\u2019audace et la force de la m\u00e9taphore propos\u00e9e, loin des th\u00e8mes convenus. Le jury a appr\u00e9ci\u00e9 l\u2019urgence de son d\u00e9sir d\u2019\u00e9criture, et son appel d\u2019une forme personnelle et originale.<\/p>\n<p>Le jury \u00e9tait compos\u00e9 de Veronika Mabardi, de Karim Chikh et de Philippe Ducros.[\/vc_column_text][vc_column_text]<em>Bamako, le 23 f\u00e9vrier 2025<\/em><\/p>\n<p><strong>Kabin\u00e9 Bemba Diakit\u00e9 remporte le Prix Massa Makan Diabat\u00e9 2025 d\u00e9cern\u00e9 lors de la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du Mali 2025.<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons l\u2019immense plaisir d\u2019annoncer que Monsieur Kabin\u00e9 Bemba Diakit\u00e9 a remport\u00e9 le Prix Massa Makan Diabat\u00e9 2025, d\u00e9cern\u00e9 le 22 f\u00e9vrier 2025 lors de la 17<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition de la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du Mali. Ce prestigieux prix, qui r\u00e9compense une \u0153uvre remarquable dans les cat\u00e9gories roman, nouvelles, r\u00e9cit ou th\u00e9\u00e2tre, lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 pour son roman <em>La haine dans la forge<\/em> (\u00c9ditions Tombouctou, 2025).<\/p>\n<p>Salu\u00e9 par le jury pour sa force litt\u00e9raire, son regard incisif et sa capacit\u00e9 \u00e0 capturer les nuances de l\u2019exp\u00e9rience humaine, <em>La haine dans la forge<\/em> s\u2019impose comme une \u0153uvre majeure. \u00c0 travers ce texte, Kabin\u00e9 Bemba Diakit\u00e9 affirme une voix singuli\u00e8re et puissante dans le paysage de la litt\u00e9rature contemporaine africaine et internationale.<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie de remise des prix litt\u00e9raires 2025, point d\u2019orgue de cette \u00e9dition 2025 de la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du Mali organis\u00e9e sur le th\u00e8me <em>L\u2019Afrique des jeunes<\/em>, a r\u00e9uni auteurs, \u00e9diteurs, lecteurs et acteurs culturels dans une c\u00e9l\u00e9bration vibrante de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Pour plus d\u2019informations sur <em>La haine dans la forge<\/em> ou pour organiser une interview avec Kabin\u00e9 Bemba Diakit\u00e9, veuillez joindre :<\/p>\n<ol>\n<li>Kabin\u00e9 Bemba Diakit\u00e9\u00a0: T\u00e9l\u00a0: +223 66 66 39 15, e-mail : <a href=\"mailto:erevue@hotmail.com\">erevue@hotmail.com<\/a><\/li>\n<li>Editions Tombouctou\u00a0: T\u00e9l\u00a0: +223 76 71 57 13, e-mail\u00a0: <a href=\"mailto:contact@editionstombouctou.com\">contact@editionstombouctou.com<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00c0 propos de la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du Mali<\/strong><\/p>\n<p>Depuis 2008, la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du Mali est un rendez-vous incontournable qui c\u00e9l\u00e8bre les lettres, les id\u00e9es et les talents \u00e9mergents. La 17<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, tenue du 18 au 22 f\u00e9vrier 2025, a rassembl\u00e9 plus de 100 invit\u00e9s, dont 40 internationaux, et attir\u00e9 des dizaines de milliers de visiteurs, notamment des jeunes.<\/p>\n<p><strong>Fin du communiqu\u00e9<\/strong>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text css_animation=\u00a0\u00bbbounceInDown\u00a0\u00bb]<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>Dossier de Presse la Rentr\u00e9e Litt\u00e9raire du Mali<\/strong><\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Dossier-de-Presse-La-Rentree-litteraire-du-Mali.pdf\" class=\"pdfemb-viewer\" style=\"\" data-width=\"max\" data-height=\"max\" data-toolbar=\"both\" data-toolbar-fixed=\"on\">Dossier de Presse- La Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du Mali<\/a>[\/vc_column_text][vc_column_text]<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-2236 alignleft\" src=\"http:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/EspritTombouctou-212x300.jpg\" alt=\"\" width=\"297\" height=\"420\" srcset=\"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/EspritTombouctou-212x300.jpg 212w, https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/EspritTombouctou.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/>Je ne peux pas pr\u00e9tendre que j&rsquo;ai h\u00e9sit\u00e9 un seul instant avant d&#8217;embarquer pour\u00a0Bamako\u00a0\u00e0 la veille du fameux BMS qui annon\u00e7ait l&rsquo;approche \u00e0 toute vitesse d&rsquo;une vague de froid sib\u00e9rien sur le pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Alger\u00a0allait se r\u00e9veiller toute blanche. Je devais \u00eatre accompagn\u00e9e par une bonne amie qui a fait la connaissance de\u00a0Bamako\u00a0lors de la deuxi\u00e8me Rentr\u00e9e Litt\u00e9raire du\u00a0Mali, en 2010. Elle a d\u00fb renoncer au voyage, contrainte par un tas d&rsquo;impr\u00e9vus. La mort dans l&rsquo;\u00e2me, elle a assist\u00e9 au bouclage de mes bagages et a m\u00eame subi mes h\u00e9sitations sur le contenu de ma valise. Depuis ma participation \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9dition de la Rentr\u00e9e Litt\u00e9raire du\u00a0Mali, en janvier 2008, qu&rsquo;il pleuve, vente, ou neige, et quitte \u00e0 manquer l&rsquo;in\u00e9galable chakhchoukha de ma maman pour le Mouloud, je ne peux \u00eatre nulle par ailleurs qu&rsquo;\u00e0\u00a0Bamako. La rentr\u00e9e litt\u00e9raire du\u00a0Mali, petite piq\u00fbre de rappel, semble \u00eatre la bonne d\u00e9marche pour un ancrage continental.Je profite pleinement de la vieille devise de cette ville mythique, rapport\u00e9e par Adama Traor\u00e9, dramaturge, fondateur de la compagnie Acte Sept et du Festival Th\u00e9\u00e2tre des r\u00e9alit\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Celui qui arrive \u00e0\u00a0Bamako\u00a0est Niar\u00e9, celui qui s&rsquo;installe \u00e0\u00a0Bamako\u00a0est Niar\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Niar\u00e9 est le nom d&rsquo;une des familles fondatrices de la ville. Au moment o\u00f9 se d\u00e9roule cette superbe rencontre continentale, je suis Niar\u00e9. \u00ab\u00a0Et de trois\u00a0!\u00a0\u00bb titre l&rsquo;\u00e9dito du catalogue de la Rentr\u00e9e. Et de trois ! Trois fois Niar\u00e9. Que le slogan de la manifestation, \u00ab\u00a0L&rsquo;Afrique se raconte \u00e0 elle-m\u00eame et au monde\u00a0\u00bb, prenne vie\u00a0! Organis\u00e9e par le Fonds des Prix litt\u00e9raires, la Rentr\u00e9e s&rsquo;affirme et se confirme en tant qu&rsquo;\u00e9l\u00e9ment actif renouant avec ce souffle intellectuel ancien qui veut restituer au\u00a0Mali\u00a0un peu de sa place d&rsquo;antan au plan artistique et culturel. Il faut rappeler qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une biennale, car ses organisateurs tiennent \u00e0 pr\u00e9senter des nouveaut\u00e9s et que le rythme de l&rsquo;\u00e9dition en Afrique \u00e9tant ce qu&rsquo;il est, cette p\u00e9riodicit\u00e9 est plus adapt\u00e9e. Sans doute aussi, les moyens financiers et mat\u00e9riels ne sont pas suffisants pour parvenir encore \u00e0 une \u00e9dition annuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain Tierno Mon\u00e9nembo que revient l&rsquo;honneur d&rsquo;assurer la cession inaugurale tenue \u00e0 la FLASH, nom original de la Facult\u00e9 des Langues Arts et Sciences Humaines. Dans sa conf\u00e9rence, \u00ab \u00c9crire en Afrique, \u00e9crire l&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb, face \u00e0 un public compos\u00e9 en majeure partie d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, d&rsquo;\u00e9tudiants et de professeurs des lyc\u00e9es et universit\u00e9s, le talentueux \u00e9crivain guin\u00e9en a su donner sens \u00e0 l&rsquo;objectif et surtout \u00e0 l&rsquo;esprit de la rencontre. \u00ab\u00a0<em>L&rsquo;Afrique a de nombreux comptes \u00e0 r\u00e9gler avec l&rsquo;histoire. Ensuite, l&rsquo;Afrique est jeune et elle a aussi des possibilit\u00e9s humaines et mat\u00e9rielles qu&rsquo;aucun autre continent ne poss\u00e8de. L&rsquo;Afrique, c&rsquo;est 55% des r\u00e9serves mondiales en mati\u00e8res premi\u00e8res. Le monde est en mutation. C&rsquo;est vrai que le contexte international est particuli\u00e8rement difficile pour nous, car le monde entier fonctionne sur notre dos. Mais \u00e7a va changer, nous sommes dans un virage d\u00e9terminant pour l&rsquo;avenir de l&rsquo;humanit\u00e9. Le monde forg\u00e9 par les Europ\u00e9ens depuis le XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle est en train de mourir. Un autre monde se met en place et ce cr\u00e9neau est largement ouvert pour l&rsquo;Afrique de demain<\/em>\u00a0\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 un journaliste pour lui expliquer qu&rsquo;il ne s&rsquo;adonnait pas \u00e0 un optimisme b\u00e9at, mais que sa conviction est \u00e9tablie que, structurellement, l&rsquo;Afrique est faite pour gagner.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Depuis sa naissance en 2008, la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du\u00a0Mali\u00a0tient un pari os\u00e9 et la voie est ardue pour parvenir \u00e0 le gagner. N\u00e9anmoins, l&rsquo;espoir du succ\u00e8s est d\u00e9sormais l\u00e0, confort\u00e9 lors des deux pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9ditions : l&rsquo;engouement du public, la mobilisation des \u00e9crivains et des artistes, la participation sans cesse croissante et la notori\u00e9t\u00e9 internationale que commence \u00e0 gagner la manifestation, s&rsquo;attirant en Afrique et dans le monde un courant de sympathie et de respect. Les organisateurs de cet \u00e9v\u00e9nement se situent dans le sillage d&rsquo;anciens et nombreux pr\u00e9d\u00e9cesseurs, parfois des gouvernants doubl\u00e9s de m\u00e9c\u00e8nes, dont les actions ont contribu\u00e9, au fil des si\u00e8cles, et pierre par pierre, \u00e0 \u00e9difier l&rsquo;image justifi\u00e9e d&rsquo;un important carrefour culturel et intellectuel du\u00a0Mali.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">C&rsquo;est sous le r\u00e8gne de Kankou Moussa (1312-1337) que ce courant stimulateur s&rsquo;est manifest\u00e9 \u00e0 son plus haut niveau, port\u00e9 en premier lieu par l&#8217;empereur lui-m\u00eame. Au retour du fameux p\u00e8lerinage qu&rsquo;il effectua \u00e0 la Mecque, il ramena dans sa caravane plusieurs hommes de science, architectes, astronomes, juristes, math\u00e9maticiens, po\u00e8tes, th\u00e9ologiens, etc. Son ambition \u00e9clair\u00e9e \u00e9tait de mettre leurs savoirs et leurs talents au service de la promotion culturelle et \u00e9conomique de l&#8217;empire. Une vision d&rsquo;une lucidit\u00e9 et d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 admirables dont le\u00a0Mali\u00a0peut \u00eatre fier.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Durant cette \u00e9poque ant\u00e9rieure \u00e0 Gutenberg et \u00e0 l&rsquo;imprimerie, Tombouctou en particulier, outre ses multiples m\u00e9dersas, \u00e9tait devenue un centre mondial des m\u00e9tiers de l&rsquo;\u00e9criture et du livre. Cit\u00e9e par de nombreux voyageurs et chroniqueurs, comme Ibn Battouta et L\u00e9on l&rsquo;Africain, elle disposait de dizaines de biblioth\u00e8ques et d&rsquo;une universit\u00e9 de renomm\u00e9e internationale qui aurait compt\u00e9 25\u00a0000 \u00e9tudiants ! Partout au\u00a0Mali\u00a0et, particuli\u00e8rement durant la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire, l&rsquo;esprit de cette ville mythique est pr\u00e9sent, source de nostalgie et de regret, mais aussi de d\u00e9termination \u00e0 agir et \u00e0 lutter contre l&rsquo;ignorance et la pauvret\u00e9 culturelle. Ce qui explique que la Rentr\u00e9e ne se contente pas d&rsquo;\u00eatre une manifestation \u00ab\u00a0et de trois\u00a0\u00bb qui se regarde le nombril.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Elle cherche surtout \u00e0 \u00eatre un tremplin pour des initiatives et des actions durables. Ainsi, ce qui est peut-\u00eatre unique au monde, et en d\u00e9pit des moyens limit\u00e9s, la Rentr\u00e9e a tenu, d\u00e8s sa premi\u00e8re \u00e9dition, \u00e0 instaurer un syst\u00e8me de bons d&rsquo;achats de livres au profit des meilleurs \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants. Ces livres sont directement offerts par leurs auteurs au cours des s\u00e9ances de d\u00e9dicaces dans les librairies. Ainsi, lors des pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9ditions, plus de 500 livres ont pu \u00eatre distribu\u00e9s gratuitement. On dira que c&rsquo;est peu, mais l&rsquo;impact d&rsquo;une telle action est \u00e9norme. J&rsquo;ai pu voir l&rsquo;immense \u00e9motion de jeunes maliennes\u00a0et maliens, se voir remettre un livre d\u00e9dicac\u00e9 par son \u00e9crivain et b\u00e9n\u00e9ficier en plus d&rsquo;une petite discussion avec lui, souvent aussi d&rsquo;une photo avec lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ce sont des carri\u00e8res litt\u00e9raires ou \u00e9ditoriales qui se dessinent dans leurs yeux, en tout cas, d\u00e9j\u00e0, l&rsquo;amour et le respect du livre et du savoir. Ce programme en direction des jeunes ne se limite pas \u00e0 cette belle action. La Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du\u00a0Malise fait dans une synergie magnifique avec l&rsquo;\u00e9ducation nationale, chose dont nous ne r\u00eavons plus \u00e0\u00a0Alger. La pr\u00e9sence des auteurs dans les \u00e9coles est devenue une v\u00e9ritable institution. Cette ann\u00e9e encore, une vingtaine d&rsquo;\u00e9tablissements, \u00e9coles et lyc\u00e9es, sur les deux rives du fleuve\u00a0Niger, ont re\u00e7u la visite d&rsquo;\u00e9crivains dont les \u00e9l\u00e8ves, appuy\u00e9s par leurs professeurs, ont au pr\u00e9alable lu et \u00e9tudi\u00e9 les ouvrages. Des d\u00e9bats passionnants ont lieu \u00e0 cette occasion et, m\u00eame les \u00e9crivains, en reviennent \u00e9merveill\u00e9s.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left;\">Pour une route du livre<\/h3>\n<p style=\"text-align: left;\">Autre aspect de cette option r\u00e9solue en direction des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations : les ateliers d&rsquo;illustration pour enfants qui se sont tenus pendant toute la dur\u00e9e de la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire. Destin\u00e9s aux auditeurs (pr\u00e9scolaires et scolaires) des sept centres de lecture et d&rsquo;animation culturelle (CLAEC) des six communes de\u00a0Bamako, ils sont anim\u00e9s par des illustrateurs confirm\u00e9s et consistent \u00e0 faire participer le public enfant \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement \u00e0 travers des activit\u00e9s ludiques et cr\u00e9atives. Toutes ces mesures et activit\u00e9s sont d&rsquo;une importance strat\u00e9gique. On a compris ici que la bataille du livre commence juste apr\u00e8s le berceau.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Mais il en reste, bien s\u00fbr, pour les adultes. Des ateliers professionnels sont programm\u00e9s en direction des \u00e9diteurs, des libraires et de toute la communaut\u00e9, locale ou invit\u00e9e, du livre. Celui de Fr\u00e9d\u00e9ric Barbe a particuli\u00e8rement \u00e9t\u00e9 suivi. Ce g\u00e9ographe fran\u00e7ais, passionn\u00e9 par la litt\u00e9rature de voyage et auteur de fictions radiophoniques est venu livrer les r\u00e9sultats de l&rsquo;enqu\u00eate qu&rsquo;il a men\u00e9e, au premier trimestre 2011, sur la fili\u00e8re du livre et la\u00a0<em>litt\u00e9racie<\/em>\u00a0au\u00a0Mali\u00a0et principalement \u00e0 Bamako. Issu de l&rsquo;anglais literacy, francis\u00e9 au Qu\u00e9bec en 2002, le terme de\u00a0<em>litt\u00e9racie<\/em>\u00a0d\u00e9signe, au sens large, les acteurs, les usages et les politiques de lecture-\u00e9criture \u00e0 travers le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00c0 partir d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;entretiens formels, d&rsquo;observations directes et de nombreux \u00e9changes informels, il proposera \u00e0 la discussion une interpr\u00e9tation du secteur lecture-\u00e9criture malien par un observateur \u00e9tranger et des pistes de valorisation dans diff\u00e9rents domaines du secteur, dans ce subtil rapport universel\/local que constitue chaque culture nationale. Une rencontre qui a suscit\u00e9 de riches discussions et surtout des perspectives.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Comme \u00e0 son habitude, la Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du\u00a0Mali\u00a0se met au c\u0153ur des enjeux de soci\u00e9t\u00e9 et des questionnements d&rsquo;actualit\u00e9. Elle ouvre, tout naturellement, en session inaugurale, son vestibule des d\u00e9bats \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d&rsquo;avril prochain, en invitant les candidats \u00e0 exposer leurs visions culturelles et \u00e0 prendre des engagements officiels en faveur de la culture et du livre. Autre th\u00e8me qui interpelle douloureusement le\u00a0Mali\u00a0et inqui\u00e8te ici les esprits\u00a0: la s\u00e9curit\u00e9. Ce sujet a donc eu la place qu&rsquo;il m\u00e9rite au c\u0153ur de la Rentr\u00e9e. Il \u00e9tait aussi impossible d&rsquo;occulter des faits aussi importants que le printemps arabe et la crise \u00e9conomique mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ainsi, parmi d&rsquo;autres participants, Aminata Traor\u00e9, \u00e9crivaine, chercheur en sciences sociales et ancienne ministre de la Culture du\u00a0Mali\u00a0(1997-2000), a pr\u00e9sent\u00e9 une conf\u00e9rence sur la crise \u00e9conomique mondiale vue d&rsquo;Afrique. Nouveaut\u00e9 de cette \u00e9dition : pour la premi\u00e8re fois, la Rentr\u00e9e a re\u00e7u en d\u00e9p\u00f4t-vente les ouvrages des auteurs invit\u00e9s qui participent \u00e0 l&rsquo;animation de la manifestation \u00e0 travers les s\u00e9ances de d\u00e9dicaces, des \u00e9changes entre \u00e9crivains et des rencontres avec les publics, etc. Cette disposition a permis de mettre en vente les ouvrages de plus de quatre-vingts auteurs. Dans ce pays chaleureux, o\u00f9 le sens de la f\u00eate est tellement pr\u00e9sent, les animations en soir\u00e9e n&rsquo;\u00e9taient pas en reste, s&rsquo;\u00e9parpillant dans les lieux partenaires de la Rentr\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ce programme nocturne proposait des contes, des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, de la po\u00e9sie et de la lecture, pour mettre en voix et faire partager les textes. Un jeune slameur camerounais, Kalyr, qui vit \u00e0\u00a0Bamako\u00a0depuis deux ans, se lance dans sa performance, jouant avec adresse avec les mots. Soudain, il s&rsquo;arr\u00eate, confus. Apr\u00e8s deux minutes d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, il bafouille qu&rsquo;il a oubli\u00e9 son texte. L&rsquo;\u00e9crivain Tierno Mon\u00e9nembo monte sur sc\u00e8ne et s&rsquo;adresse au public\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Notre jeune ami est un vrai po\u00e8te, seuls les d\u00e9magogues n&rsquo;oublient jamais leurs textes\u00a0<\/em>\u00bb. Applaudissements nourris, \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;ambiance g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Plusieurs prix sont d\u00e9cern\u00e9s aux jeunes et moins jeunes pour les encourager \u00e0 s&rsquo;engager davantage dans tous les cr\u00e9neaux de la production litt\u00e9raire et notamment sur le chemin des cultures locales, immerg\u00e9es d\u00e9sormais dans la vague mondialiste. Le petit monde malien de l&rsquo;\u00e9criture est r\u00e9compens\u00e9 par des prix sp\u00e9ciaux, dont le nombre augmente d&rsquo;une \u00e9dition \u00e0 l&rsquo;autre : prix du manuscrit accompagn\u00e9 d&rsquo;une multitude d&rsquo;autres prix dont celui du livre en langue songhoy, introduit cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">La Rentr\u00e9e litt\u00e9raire du\u00a0Mali\u00a0affiche aussi son ouverture \u00e0 la proche Afrique, \u00e0 ses diasporas am\u00e9ricaine et europ\u00e9enne, ainsi qu&rsquo;au reste du monde avec le prix Yambo Ouloguem, attribu\u00e9 \u00e0 des \u00e9crivains dont les ouvrages sont \u00e9dit\u00e9s en Afrique. Cette ann\u00e9e, il est revenu \u00e0 Eug\u00e8ne Ebod\u00e9 pour son roman\u00a0<em>Madame l&rsquo;Afrique<\/em>\u00a0que nous avons \u00e9dit\u00e9 \u00e0 Apic. Bien s\u00fbr, je ressens un plaisir immense \u00e0 cette annonce, mais ce que je retiens surtout, c&rsquo;est l&rsquo;appr\u00e9ciation des participants sur le fait qu&rsquo;un \u00e9diteur alg\u00e9rien ait pris cette initiative. J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;\u00e0 la quatri\u00e8me \u00e9dition de cette belle rencontre, nous serons plus nombreux. Avant, les routes du sel et de l&rsquo;or traversaient le Sahara. Pourquoi pas une route du livre aujourd&rsquo;hui\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Samia Zennadi-Chick &#8211;\u00a0<em>El Watan<\/em>\u00a0&#8211; 25 f\u00e9vrier 2012<\/strong><\/p>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Cher Moussa Konat\u00e9, Les mots sont des graines que l\u2019on s\u00e8me dans l\u2019oubli. Certains germent, d\u2019autres meurent dans le silence. Aujourd\u2019hui, je vous \u00e9cris avec l\u2019espoir que mes mots trouvent une voix dans votre plume. J\u2019aimerais que vous \u00e9criviez Les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-2001","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2001","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2001"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2001\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3401,"href":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2001\/revisions\/3401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rentreelitterairedumali.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2001"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}